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Karen Van Den Oever bat le record du monde féminin de plongée souterraine

Il y a 3 semaines

Le 26 mars 2021, Karen Van den Oever a plongé à 236 mètres en circuit ouvert dans la grotte immergée de Bushmansgat, dans la province du Cap-Nord en Afrique du Sud, avec un gaz de fond de 6/85, dépassant le précédent record de plongée souterraine de 221 mètres établi par Verna van Schaik en 2004.

Karen à 236 mètres lors de son record. © Karen Van Den Oever

Karen à 236 mètres lors de son record. © Karen Van Den Oever

Karen, sud-africaine de 38 ans, travaille dans la recherche médicale pour une société pharmaceutique et dirige également une école de plongée avec son mari – Somewhere Out There Diving (Swot Diving). Elle commence la plongée sous-marine en 2001 et s’intéresse à la plongée technique en 2006. Progressivement elle accumule de l’expérience et des compétences spécifiques. Elle se sent alors en confiance pour tenter le record de profondeur de plongée sous-marine féminin.

« J’ai commencé la plongée technique sous la tutelle de Nuno Gomes au Wits Underwater Club et j’ai continué à m’instruire lorsque mon mari et moi avons créé notre propre école de plongée. L’idée de Swot Diving était de faire naître une entité commerciale aux fins de voyages plongée hors du commun, d’expéditions, d’explorations et cela se conciliait bien avec les activités de plongée technique, dans le cadre de la préparation à cette tentative de record du monde. »

Elle commence l’entraînement pour cette plongée dans l’océan, à Sodwana Bay où elle atteint la profondeur de 140 mètres. Elle réalise alors qu’il serait trop dangereux et trop difficile, sur le plan logistique, d’aller beaucoup plus profond dans l’océan, en Afrique du Sud, étant donné l’état du littoral. Elle continue sa progression à Komati Springs (une mine inondée) et à Boesmansgat.

« Ce record est l’un de mes objectifs personnels depuis 2004-2005 environ, lorsque Verna van Schaik et Nuno Gomes ont respectivement battu les records de profondeur féminins et masculins. J’ai eu la chance de connaître ces deux personnes et leurs exploits ont été une grande source d’inspiration.

Concentration quelques seconde avant l'immersion qui validera son record. © équipe de Karen Van Den Oever

Concentration quelques secondes avant l’immersion qui validera son record. © équipe de Karen Van Den Oever

Pour cette immersion, le voyage est tout aussi important que le record lui-même. Pour en arriver au point où j’étais assez à l’aise pour tenter cette plongée, j’ai dû développer des techniques et m’améliorer mes compétences et ma compréhension de la théorie de la décompression. C’était un défi personnel. Et j’apprends toujours »

L’entraînement pour préparer ce défi a réellement commencé en 2016, en plongeant un peu plus profondément au fil du temps jusqu’à ce qu’elle réussisse à faire une plongée à 200 mètres en février 2020. C’était le dernier «test» pour voir si elle pouvait vraiment tenter le record.

« Le jour-J, ma profondeur « cible » était de 250 mètres, mais j’ai décidé de m’arrêter à 236 mètres. Je ne peux pas vraiment décrire mes sensations à ce moment-là, je suis très concentrée sur la plongée, ce que je dois faire et mon intuition me dit que c’est là que je dois m’arrêter. C’est la plongée la plus difficile que j’ai pu faire à ce jour.

Le site de Boesmansgat où s'est déroulée cette plongée. © équipe de Karen Van Den Oever

Le site de Boesmansgat où s’est déroulée cette plongée. © équipe de Karen Van Den Oever

J’ai envisagé plusieurs fois de plonger avec un recycleur. Ça rendrait ce type d’immersion beaucoup plus rentable et beaucoup plus facile sur le plan logistique. Mais commencer sur un recycleur m’aurait ramené quelques pas en arrière et ralenti ma progression, j’ai donc décidé de continuer en circuit ouvert. Désormais, je pense sauter le pas et me pencher plus sérieusement sur le recycleur. »

En raison de la configuration du site de Boesmansgat, une équipe de 14 personnes était nécessaire pour la logistique, tant pour les situations d’urgence qui auraient pu arriver, que pour l’équipe de soutien en plongée, à différentes profondeurs. Un médecin hyperbare était également présent et une chambre de recompression individuelle prête à servir.

« Je n’ai pas de grands projets pour le moment, je pense que je ne ferai rien de beaucoup plus profond que 150 mètres pendant un moment. Je vais envisager de passer au recycleur et me concentrer également sur la formation et le partage des connaissances que j’ai acquises au cours de cette aventure. »

La plongée a duré 7 heures et 18 minutes, dont 15 minutes seulement pour la descente.

Marc Langleur

L'équipe logistique et plongée. © équipe de Karen Van Den Oever

L’équipe logistique et plongée. © équipe de Karen Van Den Oever

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