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Les Saintes, reposantes et paisibles

Il y a 4 mois

Considérée comme lune des plus belles du monde, la baie des Saintes vaut largement sa réputation. Hors de leau, un festival de couleurs se déploie, dans un dégradé de vert outremer, de bleu lagon et de rouge flamboyant. Sous leau, le spectacle est identique : un surprenant cocktail de poissons-anges aux robes multicolores, de gorgones, de coraux, d’éponges et de poissons de toutes variétés.

Imaginez une rade somptueuse à l’eau translucide encadrée par deux pitons rocheux étincelants de vert. Posées dans cet écrin aux proportions parfaites, de petites maisons blanches aux toits rouges en rehaussent l’éclat. De part et d’autre de l’île, de multiples criques s’encastrent dans le paysage bordé de cocotiers élancés. Des mornes parachèvent la sculpture : le terrain est vallonné, changeant, sillonné de plages de sable blanc.

Comme à Rio de Janeiro, un Pain de Sucre domine l’entrée de la baie. Cette boule de basalte  d’une cinquantaine de mètres de diamètre est colonisée par des cactus-cierges et, l’hiver, les phaétons ou paille-en-queues viennent y nicher. Comme à Rio encore, où Corcovado, « le Christ rédempteur » étale ses  bras comme pour protéger la ville qu’il domine, une croix surmonte le coquet village de Terre-de-Haut et ses maisons de poupées aux volets peints de teintes pastel.

Pain de Sucre est une boule de basalte d'une cinquantaine de mètres de diamètre. © Comité de tourisme des Îles de Guadeloupe / Guillaume Aricique

Pain de Sucre est une boule de basalte d’une cinquantaine de mètres de diamètre. © Comité de tourisme des Îles de Guadeloupe / Guillaume Aricique

Si bleue, si accueillante, l’eau attire le regard. Et, inévitablement, l’envie de jeter ses palmes au milieu de cet océan d’azur se fait sentir. Les spots sont situés sur des éboulis rocheux, des grottes et des secs, tous poissonneux.

Les pitons du Sec Pâté

Reconnue comme la plus belle plongée des Caraïbes, se déroulant au milieu du canal des Saintes, à mi-distance des Saintes et de Basse-Terre, l’immersion sur le Sec Pâté se mérite. Elle n’est accessible que dans des conditions météo favorables, recommandée à partir du niveau II minimum, avec expérience.Trois pitons rocheux prennent naissance par 300 mètres de fond et remontent pour venir chatouiller la surface, 14 mètres sous la coque du bateau. Les clubs de Basse-Terre s’y rendent certains jours, tout comme ceux des Saintes.

Sur le Sec Pâté, gorgones bruissent dans le courant, pélagiques chassent et poissons-anges se mettent à l'abri dans les anfractuosités. © Claire Jeuffroy

Sur le Sec Pâté, gorgones bruissent dans le courant, pélagiques chassent et poissons-anges se mettent à l’abri dans les anfractuosités. © Claire Jeuffroy

Poissons-anges, gorgones à profusion, éponges de toutes formes et de toutes tailles, failles… Du relief et des poissons pour une balade qui s’effectue en remontant en colimaçon autour des pitons. C’est le royaume des espèces pélagiques, barracudas, balistes océaniques, thazards, carangues, dorades. Et évidemment, les tortues y règnent aussi. Avec une visibilité généralement excellente, le spectacle est autant sur les parois qu’autour des pitons. Et l’à-pic vertigineux se perd dans des profondeurs – un peu trop – attirantes…

4 autres sites à ne pas manquer

> Pointe Cabrit

Site qui se trouve sur la côte sud-ouest de l’îlet Cabrit et que les Saintois appellent « trou à diable ». Idéal pour les baptêmes autant que pour les confirmés. Deux directions possibles. Un tombant au nord qui descend vers 20 m, avec des forêts de gorgones et quelques éponges-barriques (Xestopongia muta). Les parois sont tapissées de poissons manioc (Clepticus parrae) et de castagnoles (Chromis sp.). Au sud, un fond sablonneux parsemé d’anguilles jardinières (Heteroconger hallis). Une patate intéressante sur 7 m est colonisée par de gros poissons-scorpions. Le retour dans 3 m d’eau est sublime, parmi les bancs de pisquettes (Anchoa lyolepis, anchois à long nez) qui se détachent dans la lumière. Un régal difficile à quitter.

Toujours à l'affût de zooplancton, les marionnettes tête d'or (Opistognathus aurifrons) guettnt leurs proies au-dessus de leur terrier. © Claire Jeuffroy

Toujours à l’affût de zooplancton, les marionnettes tête d’or (Opistognathus aurifrons) guettnt leurs proies au-dessus de leur terrier. © Claire Jeuffroy

> Pointe du Gouvernail

Située au sud de Terre-de-Bas, une des plongées les plus faciles. Tombant à main gauche, retour main droite. Beaucoup d’éponges-barriques et de gorgones, dans un univers très poissonneux : anges français (Pomacanthus paru), anges à tête bleue (Pomacanthus xanthometopon), chevaliers ponctués (Equetus punctatus). Et une vingtaine de barracudas sur un herbier. Bancs de maniocs, de chirurgiens bleus (Acanthurus coeruleus). Des mérous et des langoustes se cachent dans les gros blocs du haut du tombant.

Dissimulée dans les trames des gorgones, la monnaie-caraïbe a un manteau crème recouvert de taches orangées. © Claire Jeuffroy

Dissimulée dans les trames des gorgones, la monnaie-caraïbe a un manteau crème recouvert de taches orangées. © Claire Jeuffroy

> Rocher de la Vierge

Appartenant au groupe des Augustins, un rocher qui ressemblait à une Madone tenant son enfant a été cassé pendant le tremblement de terre du 21 novembre 2004. Le site est praticable tout au long de l’année sauf par forte houle. Canyons, arches, anfractuosités et failles se succèdent dans un parcours tortueux. Une lumière superbe éclaire ce spot tapissé de gorgones.

> Les Augustins

Situé au sud de Terre-de-Haut, le bloc des Augustins forme une bande rocheuse escarpée d’une centaine de mètres de long. Un tombant qui descend en pente douce (15 m max) et un herbier où évoluent des marionnettes violet/blanc. Langoustes, diodons, poissons rouge soleil, mombins (Myripristis jacobus), hachettes cuivrées (Pempheris schomburgki), gorettes (Haemulon sp.), mérous et savonnettes (Rypticus saponaceus) sont au rendez-vous. Coraux et gorgones en abondance.

Souvent, les carangues apparaissent, furtives et rapides dans l'immensité bleue. © Claire Jeuffroy

Souvent, les carangues apparaissent, furtives et rapides dans l’immensité bleue. © Claire Jeuffroy

La tête hors de leau

Une visite au Fort Napoléon s’impose, pour sa vue imprenable sur la baie, et pour son musée. Il faut aussi se rendre absolument sur Terre-de-Bas où la navette locale vous dépose à différentes heures de la journée. L’endroit est peu fréquenté et le tour de l’île vaut le détour. Plage superbe à Grande Anse. Sentiers de randonnée à ne pas négliger. Sur Terre-de-Haut, montez au calvaire le soir, pour admirer les reflets du soleil sur la baie. Grimpez au Chameau pour la vue, puis allez vous prélasser sur la très belle plage du Pain de Sucre.

Comité du tourisme des îles de Guadeloupe : www.lesilesdeguadeloupe.com

Depuis le Fort Napoléon, la vue grandiose et saisissante. © Martine Carret

Depuis le Fort Napoléon, la vue grandiose et saisissante. © Martine Carret

image d’ouverture © Claire Jeuffroy
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