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Récif de Tubbataha : joyau isolé sous haute protection

Il y a 5 mois

Lieu privilégié pour la vie sous-marine, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le récif de Tubbataha, aux Philippines, est un sanctuaire de biodiversité exceptionnel. Il a été mis en lumière récemment par le musée océanographique de Monaco à travers une exposition photo et un documentaire. David Doubilet, photographe américain emblématique de National Geographic – dont les photos sont exposées au musée – est tombé sous le charme de ce petit coin de paradis. Plongez ! l’a rencontré :

 

 S.A.S. le Prince Albert II de Monaco et David Doubilet lors de la soirée de projection du film Corail, coeur de l'océan ©M_Dagnino - Musee océanographique de Monaco

Le Prince Albert II de Monaco et David Doubilet lors de la soirée de projection du film “Corail, cœur de l’océan” © M.Dagnino – Musée océanographique de Monaco

Qu’est-ce qui fait la particularité du récif de Tubbataha ?
Situé en pleine mer de Sulu, le récif de Tubbataha bénéficie directement d’énormes courants qui brassent des quantités de plancton impressionnantes : dans ce plancton on trouve des larves, des œufs, tout ce qui entre dans la chaîne alimentaire et donc tout ce qui attire énormément les poissons. Le récif en lui-même est isolé, difficile à atteindre pour l’homme, un véritable diamant brut.

En quoi est-ce un paradis pour les plongeurs ?
Il y a des tombants profonds, le récif est extrêmement riche, les champs de gorgones immenses, sans doute les plus beaux au monde et l’eau est généralement très claire. Il y a des stations de nettoyage, des coraux en bonne santé, c’est une expérience intensément belle pour un plongeur et c’est une zone où la vie est très concentrée. Chaque plongée est un moment précieux.

En tant que photographe que recherchez-vous dans ce lieu exceptionnel ?
Il faut se poster du côté de l’ouverture du récif… une parade surprise défile alors sous nos yeux : voilà les raies marbrées, voilà un requin-baleine, puis un autre requin-baleine, puis un thon de 100 kg, puis un autre thon de 100 kg, puis une raie aigle, puis un gigantesque banc de barracudas, puis un grand banc de ces merveilleux platax qui, quand ils se déplacent dans l’eau sombre des profondeurs, attrapent les légers rayons du soleil et les reflètent comme des pièces d’or… Pour un photographe c’est un lieu absolument fabuleux. Il y a tellement de vie partout que tu ne sais pas où te poser, ou te tenir et où placer ton appareil photo.

Dans les autres régions des Philippines, les fonds sont-il similaires au récif de Tubbataha ?
Tubbataha est seulement un lieu extraordinaire parmi tant d’autres aux Philippines, chaque recoin de ce pays est différent, chaque région est unique : il y a 7000 îles, des sites où l’on voit des anguilles de jardin, d’autres où l’on peut voir des requins-renards, on peut voir des bancs de poissons immenses, des récifs… C’est vraiment un pays extraordinaire pour un photographe, un plongeur. Mais ce ne sont pas juste les animaux et les récifs qui sont intéressants, mais comment 120 millions de personnes doivent s’occuper de préserver le corail le plus riche au monde !  Ils ont sous leur responsabilité une biodiversité unique, je crois qu’il n’y a pas d’autre endroit tel que celui-ci dans le monde.

Les tortues, les requins mais aussi les oiseaux ont trouvé à Tubbataha leur habitat idéal - Exposition Tubbataha ©David Doubilet

Repos avant l’envol – Exposition Tubbataha © David Doubilet (ainsi que l’image en haut de cette page).

Comment vous êtes-vous retrouvé à Tubbataha ?
J’ai la chance d’y être allé deux fois, avec Marissa Floirendo, brillante cinématographe sous-marine et Maria-Teresa Lara, alias « Tet », une photographe incroyablement dédiée à son travail, avec un œil clair, propre et unique. Nous nous sommes rencontrés en Antarctique où je préparais un sujet pour le National Geographic, elles m’ont invité à venir aux Philippines pour que je découvre leur paradis. Elles ont consacré un livre à ce lieu magique « Tubbataha : a national treasure » et m’ont demandé d’en rédiger la préface, ça a été un honneur, j’ai adoré écrire ce texte. Nous sommes depuis devenus de très bons amis : la plongée, peu importe où elle nous mène dans le monde, crée des relations d’amitiés fortes aussi magnifiques et profondes que l’océan.

Un lieu unique à protéger

Pour préserver ce site des menaces écologiques et environnementales, des mesures de protection ont été prises. Le parc naturel de Tubbataha abrite 72 % des espèces de corail présentes dans les océans de la planète. Il s’agit de la plus grande aire marine protégée du pays, un sanctuaire où tortues marines, requins et oiseaux trouvent refuge. La pêche y est interdite et les gardiens du parc communiquent auprès des locaux ainsi que des touristes pour les sensibiliser.
En 2016, l’institut océanographique de Monaco a lancé une expédition dans les eaux de Tubbataha, à laquelle le prince Albert II de Monaco a participé activement. Les membres de l’expédition ont pu se rendre compte de la fragilité de ce joyau isolé qui, malgré tout, est confronté à l’échouage de nombreux déchets ramenés par l’océan sur ses plages et dans les eaux limpides de l’aire marine protégée. Cette expédition avait deux principaux objectifs :
– Placer des balises sur deux tortues pour connaître leurs déplacements tout au long de l’année et leurs habitudes, afin d’aider à leur protection. Un partenariat qui s’inscrit sur le long terme entre l’institut et le parc de Tubbataha.
– Réaliser des vidéos en 360° des fonds marins afin de les présenter aux populations locales pour leur faire découvrir la richesse des coraux dont ils sont les dépositaires.

 

Un film-documentaire inédit

De cette expédition découle un documentaire, Corail, cœur de l’océan, retraçant l’aventure du prince et l’équipe de l’institut océanographique. Diffusé en avant-première le 27 juin dernier à Monaco, il sera présenté au public tout au long de l’été à partir du 8 juillet au sein du musée océanographique.
Des photos immenses réalisées à Tubbataha par David Doubilet, sa compagne Jennifer Hayes et Maria-Teresa Lara sont exposées sur les murs de la salle de projection.

Margot Harty

 

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