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10 épaves incontournables des côtes françaises

Il y a 1 semaine

1. Normandie : l’USS Susan B Anthony

L’histoire
Le Susan B Anthony est un cargo vapeur américain affecté à l’US Navy en 1942. Il est chargé de transporter troupes et matériel des États-Unis vers l’Angleterre lors de l’opération Overlord. Le 7 juin 1944, le capitaine profite de l’obscurité matinale pour approcher Omaha Beach et y amener les 2288 hommes à bord. Mais le navire heurte une mine et coule, laissant toutefois à l’ensemble des hommes à bord le temps d’évacuer. Il gît aujourd’hui au nord de Port-en-Bessin-Huppain, à l’est d’Omaha Beach.

La plongée
En atteignant le fond sablonneux, les plongeurs découvrent le navire couché sur son flanc bâbord. L’avant du bateau est la partie la plus intéressante, parfaitement bien conservée et jonchée de munitions, trace du départ précipité des hommes. On aperçoit également un canon de défense et deux mâts de charge à l’avant de la passerelle. Côté faune, vous dénicherez très certainement un homard caché dans un creux ou un tunnel de tôle. L’arrière du navire est très endommagé, les restes de l’épave y sont difficilement identifiables.

Pratique : taille de l’épave : 147 mètres – profondeur : entre 11 et 33 mètres – niveau de plongée minimum : niveau 2 – visibilité : selon les conditions météo, de 2 à 10 mètres – les courants peuvent être violents. Ils vous y emmènent : les centres de plongée d’Arromanche, Caen, Port-en-Bessin, Asnelle-sur-Mer.

2. Bretagne nord : l’Amoco Cadiz

L’histoire
Le 16 mars 1978, au large de Ploudalmézeau dans le Finistère… En route pour Rotterdam avec à son bord 220 000 tonnes de pétrole brut iranien, l’Amoco Cadiz demande l’assistance de remorqueurs quand une avarie de barre se déclare et qu’il devient impossible de diriger le bateau. Quand le remorquage commence, la mer est déchaînée.
Après plusieurs tentatives infructueuses, le pétrolier heurte des rochers, s’échoue et envoie un SOS. L’équipage sera évacué et l’une des plus terribles marées noires de l’histoire va souiller les côtes bretonnes de Brest à Saint-Brieuc.

La plongée
Si des laminaires ont envahi le haut de l’épave, ce n’est pas pour la faune qui la peuple que les plongeurs l’apprécient… elle est presque inexistante. Cette épave est mythique par son histoire, qui se retrouve dans l’exploration du site :
– Le local barre est accessible, avec de nombreux instruments encore visibles.
– Le point d’impact entre la coque du navire et la roche qui causera sa perte est parfaitement visible. La tôle semble s’être déchirée comme un simple bout de papier.
– Les restes de cuves visibles au cœur de l’épave rappellent l’horreur de la marée noire.
Outre les éléments historiques du naufrage, il y a énormément d’éléments à observer : le safran, les reste d’une cheminée posée sur le sable, les bites d’amarrage, le mât effondré… L’épave est monumentale, si bien qu’il est impossible d’en faire le tour complet en une seule plongée.

Pratique : taille de l’épave : 330 mètres – profondeur : entre 8 et 32 mètres – niveau de plongée minimum : N2 confirmé – visibilité : entre 10 et 25 mètres – courants parfois importants. Ils vous y emmènent : les centres de plongée de Plouguerneau, Argenton, Landéda, Ploudalmézeau.
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3. Bretagne sud : l’U171

L’histoire
Ce sous-marin allemand débute sa carrière en 1941. Il n’aura le temps de mener qu’une seule opération dans le golfe du Mexique afin de perturber le trafic maritime et torpiller quelques navires américains. Sur le chemin du retour, le 9 octobre, il passe au large de Lorient. Le capitaine n’attend pas l’arrivée du dragueur de mine supposé l’escorter, et rejoint la surface. Il touche une mine et coule en quelques minutes. Si 30 marins arrivent à retrouver la surface indemnes, 22 autres coulent avec le sous-marin.

La plongée
C’est l’un des rares sous-marins gisant à une profondeur accessible aux plongeurs non tekkies, sur un fond de sable et de roche. L’avant est une ruine au milieu de laquelle on peut distinguer des tubes de lance-torpilles ou une ancre. Le reste de l’épave est mieux conservé : la coque extérieure a disparu mais la protection interne est toujours en place. Déclaré cimetière militaire, il est impossible d’entrer à l’intérieur du « loup gris », mais de l’extérieur on peut apercevoir de la tuyauterie et quelques instruments. Les deux périscopes peuvent être observés, l’un d’entre eux possède encore sa lentille bien qu’elle soit endommagée. Côté faune et flore de timides algues rose apparaissent à certains endroits, de petits banc de tacauds passent le long du sous-marin et la tôle sert de refuge aux homards, congres et langoustes.
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Pratique : profondeur : entre 37 et 41 mètres – niveau de plongée minimum : niveau 2 – visibilité : entre 4 et 10 mètres. Ils vous y emmènent : les centres de plongée de Lorient, Groix, Tregunc, Larmor-Plage.

4. Bassin d’Arcachon : le Chariot

L’histoire
On ne parle ni de bateau, ni de sous-marin et encore moins d’un avion ici… Le chariot est un engin bien étrange ! De 1968 à 1971, des travaux sous-marins sont entrepris pour créer une canalisation et lutter contre la pollution présente alors dans le bassin d’Arcachon. Le Chariot n’est autre que l’engin de travaux sous-marin chargé de creuser, enfouir et enterrer les tuyaux. En 1972 la compagnie allemande responsable des travaux fait faillite et abandonne le Chariot, faisant le bonheur des plongeurs.

La plongée
C’est une plongée exceptionnelle car très inhabituelle, la forme de cet engin étant des plus originales. Ce n’est pas sa taille qui attire autant les plongeurs, mais plutôt la concentration de vie. Le Chariot est recouvert par endroits d’anémones marguerites, des congres, araignées de mer et homards trouvent refuge dans ses entrailles et des centaines de tacauds tournent autour de l’épave, ainsi que des bars. Il est également possible d’apercevoir des poissons-lunes…

Pratique : taille de l’épave 12 mètres – profondeur : 30 mètres – niveau de plongée : niveau 2 – visibilité : très variable, de 2 à 20 mètres. Ils vous y emmènent : l’Oceana VSMArcachon Plongée, Hippo Plongée.

5. Occitanie : l’Alice-Robert

L’histoire
Dans une première vie transporteur de bananes des colonies françaises vers l’Hexagone, l’Alice-Robert est armé en 1939 au début de la guerre, puis réquisitionné par les Allemands et transformé en escorteur. Au mois de juin 1944, le navire est coupé en deux par un sous-marin anglais et sombre au large de Port-Vendres sur la côte Vermeille.


La plongée
Avant même d’atteindre l’épave, les plongeurs sont accueillis par le mât du bateau, toujours debout et culminant à 25 mètres de profondeur. Sur le pont se dressent encore canons et mitrailleuses, aujourd’hui recouverts – comme une grande partie du bateau – par des anémones bijoux. Les plongeurs les plus confirmés peuvent pénétrer dans l’épave, quand la visibilité le permet. La faune est très dense : sars tambours, congres, anthias, maquereaux et sardines, entre autres, accompagnent les plongeurs dans leur exploration.

Pratique : taille de l’épave : 83 mètres – profondeur : entre 38 et 47 mètres – niveau de plongée minimum : niveau 2 – visibilité : très variable, l’eau est souvent trouble – les courants sont parfois forts. Avec sa taille et sa visibilité variable, il est rare de pouvoir tout observer en une seule plongée.Ils vous y emmènent : les centres de plongée d’Argelès-sur-Mer, Port-Vendres, Banyuls, Collioure.
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6. Marseille : le Chaouen

L’histoire
Le 21 février 1970, le Chaouen relie Casablanca à Marseille, les cales remplies d’agrumes. Pour des raisons encore inconnues, l’avant du navire se plante sur la roche aux abords de l’île du Planier. Un remorqueur tente de le sortir de son piège mais l’eau s’infiltre lentement et l’arrière du bateau coule après avoir laissé le temps à l’équipage d’évacuer. L’avant de l’épave restera longtemps hors de l’eau avant de disparaître à son tour dans la mer.

Le mât de l'épave du Chaouen © Gilles Diraimondo

Le mât du Chaouen, toujours attaché au reste de l’épave © Gilles Diraimondo

La plongée 
Dès 4 mètres on aperçoit les premiers signes de la présence de l’épave avec les deux très belles ancres, puis la proue apparaît deux mètres en dessous. Un énorme trou dans la coque du bateau, couché sur le côté, donne un bel aperçu des immenses cales complètement vides. De nombreuses ouvertures laissent aux plongeurs le loisir d’explorer les entrailles du monstre de fer avec la salle des machines et les cales. Sur le pont, la cheminée et le double mât sont en très bon état. A l’arrière, une énorme hélice est accessible. La flore est encore timide, l’épave étant relativement récente. Des bancs de sardines et de castagnoles peuplent les différents niveaux du navire.

Pratique : taille de l’épave : 85 mètres – profondeur : entre 6 et 30 mètres – niveau de plongée minimum : accessible en partie dès le Niveau 1 – visibilité : excellente – épave à explorer par jour de beau temps. Ils vous y emmènent : tous les centres de plongée basés à Marseille et les alentours.

7. Marseille : le Liban

L’histoire
Le paquebot effectuait des allers-retours fréquents entre la Corse et Marseille, transportant passagers et courriers à destination ou en provenance du continent. Le 7 juin 1903, le navire quitte Marseille avec 43 membres d’équipages et plus de 150 passagers. Au niveau de l’île de Maïre, le Liban se retrouve cap à cap avec l’Insulaire, un autre paquebot. A la suite d’une incompréhension du capitaine lors de la manœuvre d’évitement, les deux navires entrent en collision. La coque transpercée, le Liban coule, emportant avec lui de nombreux passagers pris au piège par la bâche de protection solaire à l’arrière du pont.


La plongée
Le Bateau a été coupé en deux lors de son naufrage, séparant l’arrière, avec son hélice en bon état, du reste de l’épave. Les trois mâts du navire sont couchés sur le sable à tribord. De nombreuses brèches permettent d’entrer à l’intérieur des anciens salons, cabines et des cales. L’épave est recouverte de gorgones rouges et d’éponges. Homards, congres et poulpes ont élu domicile dans les moindres recoins de l’épave et des loups, des castagnoles, sars et saint-pierre peuvent être aperçus.

Pratique : taille de l’épave : 90 mètres – profondeur : entre 28 et 40 mètres – niveau de plongée minimum : niveau 2 – visibilité : très bonne – peu de courant. Ils vous y emmènent : tous les centres de plongée basés à Marseille et les alentours.
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8. Var : le Donator (Prosper Schiaffino )

L’histoire
Navire appartenant à la Société Algeriene de Navigation pour l’Afrique du Nord, il est engagé dans la Seconde Guerre mondiale. Il transporte alors du matériel et des hommes entre l’Algérie et les zones libérées. Le 11 octobre 1945, il quitte Marseille, direction Nice. Le 10 novembre, un mistral important l’oblige à longer la côte : en passant au sud de Porquerolles il heurte une mine dérivante et sombre en quelques minutes seulement.

La plongée
Le Donator est parfaitement conservé. A l’arrière du bateau l’immense hélice est toujours en place. En remontant sur le pont, qui n’existe plus, les plongeurs peuvent avoir un aperçu sur l’intérieur. Il est préférable d’éviter d’y entrer, car l’exploration des entrailles est dangereuse. La cale ouverte à l’arrière est plus facile d’accès. La faune et la flore du Donator sont exceptionnelles. Alcyons, éponges et gigantesques gorgones rouges et jaunes ont envahi les coursives et les superstructures. Rougets, anthias, mérous, congres, rascasses, chapons… cette épave est un paradis pour la faune méditerranéenne.

Pratique : taille de l’épave : 78 mètres – profondeur : entre 35 et 51 mètres – niveau de plongée minimum : niveau 2 confirmé ( pe-60 au minimum ) – visibilité : bonne. Le courant peut être extrêmement fort, il faut bien se renseigner sur les conditions avant de tenter toute plongée. Ils vous y emmènent : les centres de plongée de Hyères jusqu’au Lavandou.

9. Var : le Rubis

L’histoire
Seul survivant de la série de sous-marins Saphir à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Rubis a largué 683 mines et coulé une quinzaine de navires. Mis à la retraite en 1946, il sera finalement sabordé le 31 juillet 1958 entre Cavalaire et Saint-Tropez.

La plongée
Intacte, l’épave est très impressionnante, presque angoissante avec sa partie avant surélevée par rapport au fond. Tellement qu’il est possible de passer sous la quille à cet endroit. Sur le pont le plancher a disparu tout comme les hélices à l’arrière. Un panneau ouvert permet de jeter un coup d’œil à l’intérieur du sous-marin. En se positionnant sur le kiosque les plongeurs ont une vue dominante sur l’ensemble de l’épave et des alentours. Il est dangereux de pénétrer à l’intérieur de l’épave.
La flore est presque inexistante, en revanche des bancs d’anthias et des castagnoles nagent autour de l’épave et des congres et des murènes peuplent les différentes cachettes que propose le Rubis.

Pratique : taille de l’épave : 66 mètres – profondeur : entre 34 et 40 mètres – niveau de plongée minimum : niveau 2 confirmé – visibilité : bonne. Le courant peut être extrêmement fort, il faut bien se renseigner sur les conditions avant de tenter toute plongée. Ils vous y emmènent : les centres de plongée de Saint-Tropez, Ramatuelle, Sainte-Maxime, Cavalaire-sur-Mer (voire jusqu’à Hyères).
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10. Corse : le B17

L’histoire
Avion bombardier allié parti d’Italie, le B17 sera attaqué par les Allemands et n’aura d’autre choix que de tenter d’amerrir. Sur les 10 membres de l’équipage, 2 sont tués pendant l’assaut et un autre restera coincé dans la queue de l’appareil, jamais retrouvée.

La plongée
Reposant parfaitement à plat sur le sable à 25 mètres de profondeur, cette épave est en assez bon état. Les ailes et les 4 moteurs sont toujours en place mais une seule hélice est encore en un seul morceau. Le nez de l’appareil a disparu mais il est possible de prendre place sur les sièges toujours fixés à la carlingue. On y croise murènes, apogons, labres et rascasses.

Pratique : taille : environ 30 mètres d’envergure – profondeur : 26 mètres – niveau de plongée : niveau 2 ou niveau 1 confirmé avec PE40 – visibilité : bonne – éviter la plongée lors de forte houle. Ils vous y emmènent : les centres de plongée de Calvi, Lumio, Algajola, l’île Rousse.
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Margot Harty
image d’ouverture : le Donator ©Dominique Barray

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